Mais c’est quoi les parités de pouvoir d’achat ?

Dans cet épisode nous allons expliquer une notion utilisée en économie mais aussi en matière de rémunération des expatriés dans les entreprises, les parités de pouvoir d’achat.

Le coût de la vie, ma bonne dame ou mon bon monsieur c’est comme vous voulez, autant vous dire que c’est une spirale sans fin pour ne pas dire un puits sans fond, que dis-je un Everest dont le sommet ne cesse de grimper vers les cieux étoilés comme celles qui illuminent les yeux des poètes…

Stop. Tu dérives. Le coût de la vie c’est le coût de la vie. Basta. Ici comme là-bas. Là-bas, ce n’est pas le même qu’ici. Voilà pourquoi des troupeaux de touristes de pays plus aisés filent là où le coût de la vie est moins élevé.

Pour eux. Mais pas forcément pour les locaux. On voit immédiatement la difficulté qui se pose. Comment comparer ? Les niveaux de prix ne sont pas les mêmes partout, mais on aimerait bien les comparer, en entreprise comme ailleurs.

C’est là où interviennent différentes notions auxquelles on colle des jolis acronymes parce qu’on aime bien ça, les PPA autrement connues sous le nom de PPP… Bref. Alors, les parités de pouvoir d’achat, c’est quoi l’histoire ?

On a déjà abordé une notion économique simple en apparence, le pouvoir d’achat. En comprendre les ressorts n’est pas inutile notamment quand au moment des négociations annuelles sur les augmentations ça tape dans la gamelle, surtout s’il y a de l’inflation.

On comprend aisément d’ailleurs que ton pouvoir d’achat dépend de ce que tu gagnes et de ce que tu consommes mais aussi du prix de ce que tu consommes. Or, quand on veut comparer d’un pays à l’autre, on aimerait comparer le niveau de vie.

C’est particulièrement utile en entreprise évidemment quand on a des expatriés qu’on envoie ici et là. Nos deux piliers habituels d’une politique de rémunération, à savoir équité interne et compétitivité externe restent les mêmes.

Mais les effets des monnaies et des niveaux de vie entre pays c’est bien compliqué. Pour résumer, peut-on acheter la même chose partout avec la même somme d’argent ? La réponse est évidemment non.

C’est là où intervient la notion de parité de pouvoir d’achat – PPA – ou Purchasing Power Parity PPP en anglais. La PPA permet en substance de comparer ce que l’argent permet réellement d’acheter dans un pays.

D’ailleurs des institutions comme le Fonds monétaire international ou la Banque mondiale utilisent cette notion pour comparer les pays entre eux.

L’OCDE définit cet indicateur de la manière suivante : « Les parités de pouvoir d’achat (PPA) sont des taux de conversion monétaire qui visent à égaliser le pouvoir d’achat des différentes monnaies en éliminant les différences de niveaux de prix entre les pays »

Si avec la même somme d’argent, entre deux pays on peut acheter la même chose, alors leurs monnaies sont à parité de pouvoir d’achat. « Parité » ou le fait d’être pareil quand on parle de deux choses.

Tu as une version ultra simplifiée et bien révélatrice de plein de choses de ces PPA : le Big Mac Index. Au début c’était presque une blague de The Economist et c’est devenu un indicie suivi. Peut-être parce qu’il est simple à comprendre.

En gros, c’est une forme de PPA ultra réducteur, calculé à partir des prix d’un hamburger. 7,99 US $ en Suisse en 2025 mais 5,79 aux Etats-Unis, et 2,62 en Inde.

On utilise des PPA pour neutraliser ces effets dans les politiques de rémunération. Le principe est assez simple à comprendre, si tu veux préserver une forme d’équité entre un salarié français qui travaille à Paris et celui que tu envoies en Suisse ou en Inde, toute chose égale par ailleurs, tu en tiens compte.

Pour caricaturer, tu donnes 2,62$ à l’expatrié que tu envoies en Inde et 7,99 à celui que tu envoies en Suisse, comme ça les deux mangent le même burger et tout le monde est content.

L’entreprise veille au fait que de t’envoyer dans tel ou tel pays ne nuise pas à ton pouvoir d’achat, donc elle neutralise en effet avec les PPA, qui servent à calculer le salaire qui permet de maintenir ton niveau de vie entre pays d’accueil et pays d’origine.

Cet ajustement on le fait souvent avec une indemnité de coût de la vie, une COLA, acronyme pour Cost Of Living Adjustment

Après les Big Mac, le COLA, diable que tout est américano-centré… On y reviendra…

Les PPA sont calculés sur la base d’un panier de biens et de services pour pouvoir comparer des choses comparables. Un panier de choux et de carottes qui, même si on ne les compare pas entre eux comme le dit l’adage, permet de comparer le prix du panier.

On voit bien : le coût du loyer, de l’école des gamins, de la couverture santé parce qu’on n’a pas la chance d’avoir une protection sociale comme en France partout, etc.

Seulement voilà on en revient à la remarque sur le Big Mac. Entre un panier simpliste et réducteur comme le Big Mac ou des PPA publiés officiellement, le problème c’est ce qu’on met dans le panier pour comparer.

Or, deux remarques sont à formuler de ce point de vue.

D’abord, les habitudes de consommation ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. Je veux bien que tu espères trouver ton steak-frites, ton Big Mac, ta baguette ou tes croissants partout où tu vas mais, non seulement c’est ridicule à nos yeux, mais surtout ce n’est pas la réalité.

En réalité, tu consommes selon les usages locaux pour l’essentiel et notamment l’offre disponible. C’est le premier point.

La seconde remarque c’est le niveau de qualité d’un même bien ou service qui n’est évidemment pas nécessairement le même partout. Là encore, on compare ce qui n’est pas vraiment comparable.

Si le problème c’est que tu ne retrouves pas ta baguette et tes croissants ou qu’ils ne sont pas aussi bons qu’à la boulangerie du coin de la rue, ce n’est pas bien grave.

Mais mets en perspective cette question quand il s’agit de l’éducation des enfants, des prestations de santé etc. On voit vite le sujet arriver.

On peut évidemment formuler de très nombreuses critiques à l’égard des PPA en effet. Il y en a certainement plein d’autres. Le délai de mise à jour par rapport à la réalité qui bouge parfois plus vite par exemple.

Mais à défaut de mieux, c’est ce qu’on utilise en entreprise pour gérer des populations expatriées.

En pratique, c’est la banque mondiale avec son programme de comparaison internationale créé en 1968, PCI ou ICP puisqu’on aime bien les acronymes, qui les fournit. L’Europe fourni aussi les siens pour l’Europe avec Eurostat.

En résumé, les parités de pouvoir d’achat sont des indicateurs qui permettent de comparer les niveaux de vie d’un pays à l’autre et qu’on utilise souvent en entreprise pour maintenir le pouvoir d’achat des salariés expatriés.

J’ai bon chef ?

Oui tu as bon mais on ne va pas en faire toute une histoire.